Philippe Chassaing fait partie des députés chargés d’auditionner des chefs d’entreprises et les chambres consulaires pour nourrir les réflexions sur la prochaine loi entreprise débattue au printemps.

 

Des entreprises* et les Chambres consulaires ont participé à une table ronde organisée à la permanence de Philippe Chassaing, vendredi 1er décembre, de 16 à 18 heures. Les échanges portaient sur les thèmes de l’export et de l’engagement sociétal des entreprises, notamment, en ce qui concerne la Dordogne, des PME et TPE. Le ministère de l’Economie souhaitait une consultation de terrain pour faire émerger des propositions concrètes pour alimenter un projet de loi destiné à favoriser la croissance des entreprises. Le député lui a fait parvenir des propositions émanant de l’état des lieux que les entreprises et les Chambres consulaires ont bien voulu faire de leur travail dans les domaines de la conquête de l’international et de l’engagement des entreprises en matière de développement durable (social, économique, environnemental.)

*Beauty Success, La Chanteracoise, ODETEC bureau d’études, Entreprise Clochard, un parfum de pain et le groupe la Brégère

 

Philippe Chassaing a travaillé en binôme avec le chef d’entreprise de La Chantéracoise, Sylvain Boucher.

Ainsi, sur la conquête de l’international des entreprises de Dordogne ont été formulées et argumentées quatre propositions issues des exposés des participants à la table ronde.

Ainsi, il serait souhaitable de créer un pôle d’information centralisateur dédié à l’export. En effet, il ressort que, s’il existe de nombreuses structures dédiées à l’export (les Chambres consulaires, les Douanes, Business France…), leur rôle se cantonne souvent à leurs prérogatives et à leur domaine d’activité. Il manque un maillon informatif qui s’adresserait à toutes les entreprises se projetant à l’export pour leur apporter les conseils nécessaires. Ce pôle d’information permettrait aussi d’assurer une information transversale pour les accompagnants eux-mêmes des entreprises à l’export, souvent peu enclins à échanger leurs données.

Dédier un fonds à l’accompagnement et au suivi des PME sur les marchés internationaux permettrait d’épauler les instances chargées d’accompagner les PME souhaitant exporter leur production. En effet, elles manquent trop souvent de moyens techniques et logistiques pour le faire. Or, les PME ont réellement besoin d’un accompagnement pas à pas, du diagnostic à l’adaptation des outils de la PME aux exigences des marchés étrangers, jusqu’aux déplacements, achats d’espaces sur des salons, promotion… Il faut des experts. Or, les structures d’accompagnement ont rarement les moyens de recruter des spécialistes de l’export. Si on veut mener une politique ambitieuse en ce domaine, il s’agit d’aider les organismes accompagnants à professionnaliser leurs salariés ou à embaucher des spécialistes exports.

 

Il est important aussi de limiter les surcoûts indirects liés à l’exportation de ses produits et savoir-faire. Vendre à l’étranger suppose de protéger ses produits et savoir-faire de la concurrence. Or, les entreprises de production sont parfois dans l’incapacité financière de garantir la propriété intellectuelle d’une marchandise innovante et elles en payent parfois le prix fort. Les PME ayant déposé une marque doivent être protégées à l’étranger comme elles le sont en France. IL faut les doter de moyens supplémentaires pour qu’elles puissent s’assurer contre les copies et contrefaçons.

 

Nous avons également évoqué l’opportunité de lancer une campagne de communication nationale. Pas ou peu d’informations sur les opportunités de l’export pour les PME et TPE circulent privant un bon nombre d’entre elles d’un marché ouvert si tant est qu’elles s’en donnent les moyens. Une campagne largement diffusée sur les réussites de petites structures qui ont tenté l’export permettraient de démultiplier les initiatives en ce domaine et d’éviter les écueils.

Le groupe de travail s’est réuni à la permanence de Philippe Chassaing.
Joseph Clochard, entrepreneur, a témoigné de son expérience à l’export pour son matériel d’élagage.

A propos de la responsabilité sociétale des entreprises, plusieurs des mesures qui sont ressorties des échanges de la table-ronde organisée par le député Philippe Chassaing ont été soumises à l’approbation du ministère.

Par exemple, la mise en place d’une organisation dédiée à la RSE nous semble opportune. Il s’avère que les entreprises qui ont une démarche volontariste de type RSE le font par conviction plus que par réel intérêt économique, ne serait-ce que parce qu’elles manquent de repères en ce domaine. Certes, elles innovent, mais elles le font sans être accompagnées puisqu’il n’y a pas à ce jour, semble-t-il, d’organisme national susceptible d’accompagner, d’informer les PME dans leur développement en lien avec la RSE.

Faciliter la formation des salariés serait souhaitable. La démarche de « responsabilité sociétale » repose souvent sur la bonne volonté des salariés. Dès lors que l’entreprise veut professionnaliser sa démarche, elle se heurte à un manque de moyens pour le faire. Il serait important d’aider l’entreprise à trouver des organismes et des fonds pour la formation si on veut les inciter à s’inscrire durablement dans des pratiques vertueuses.

On pourrait également envisager d’instaurer un système de bonus-malus en fonction du bilan carbone des entreprises. Aujourd’hui, les « bons élèves » du RSE ne sont pas forcément reconnus ni gratifiés. Si l’Etat veut promouvoir ce modèle, il pourrait intervenir par une fiscalité avantageuse pour les bons élèves du RSE ou tout autre mode d’encouragement destiné à créer de l’émulation dans ce domaine.

Nous avons demandé aussi la simplification administrative de toutes les démarches visant à aller vers un modèle plus respectueux de l’environnement (écologique, humain…) de l’entreprise. En effet, les entreprises du RSE ne veulent plus se heurter à de lourdes démarches administratives, souvent génératrice de gâchis de documents papiers contraire à leurs valeurs.

Nous pourrions également proposer des marges de progrès pour motiver les entreprises à se lancer progressivement dans la démarches RSE. Elles pourraient ainsi se donner un échéancier pour intégrer progressivement et maîtriser les coûts de leurs améliorations en matière d’écologie, de ressources humaines… tout en entrant dans un dispositif qui leur permettrait de bénéficier des gratifications fiscales (ou autres encouragements…, cf proposition précédente.)

Enfin, une campagne de sensibilisation, ciblée par métier, est espérée par les entreprises se revendiquant de la RSE, qui se sentent trop souvent isolées dans leur démarche. Dans le domaine de la responsabilité sociétale, on ne progressera que si on fait savoir les intérêts concrets qu’il y a à entrer dans une démarche RSE. On a besoin pour cela de données chiffrées par secteur d’activité. Ce sont ces données sur les économies potentielles à réaliser par exemple en se préoccupant du respect environnemental à l’échelle d’une entreprise qui permettront de sensibiliser les chefs d’entreprise à la question du RSE.

Ce sont ces points sur lesquels il nous a semblé opportun de communiquer auprès du ministère de l’Economie. Nous espérons poursuivre ce travail en expérimentant, avec les chefs d’entreprise ayant bien voulu nous faire part de leurs propositions, quelques-uns des points proposés au Gouvernement pour inciter plus de PME à exporter leur produit et à s’engager dans une démarche de progrès en matière de RSE.

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