Suite à l’interpellation d’élus et d’organisations professionnelles, je souhaite aujourd’hui rendre publique ma position sur la proposition de référendum d’initiative partagée sur le bien-être animal (dit « RIP Animaux »).

Après avoir examiné le contenu du texte, j’ai choisi de ne pas m’engager aux côtés des initiateurs du RIP et je souhaite ici m’en expliquer.

Sur le fond, je tiens, de fait, à préciser que je suis favorable au questionnement de certaines pratiques touchant à la condition animale. J’en veux pour preuves la tribune sur les chasses traditionnelles et la proposition de loi visant à améliorer le bien-être des animaux de compagnie, portée par mon collègue Loïc Dombreval, que j’ai récemment cosignées. 

C’est sur la forme, en revanche, que je suis en désaccord. D’abord parce que, pour des raisons calendaires, ce RIP n’a que peu de chances d’aboutir dans l’hypothèse où ses auteurs parviendraient à réunir l’ensemble des conditions requises d’ici la fin de ce mandat. Sachant cela, il ne me paraît pas honnête de laisser croire qu’un tel processus pourrait arriver à son terme. Je crois davantage que le débat devra se nouer au cours des prochaines échéances électorales – notamment présidentielles.

Plus fondamentalement, je considère que le caractère manichéen du RIP – qui, poussé au bout de sa logique, conduirait le citoyen à se prononcer soit « pour » soit « contre » – n’est guère compatible avec la tenue d’un débat apaisé et nuancé sur des questions aussi diverses et sensibles que l’interdiction de certaines pratiques de chasse, la sortie de l’élevage intensif ou la fin de l’expérimentation animale.

De surcroît, j’ai le sentiment que l’organisation d’un RIP sur le sujet du bien-être animal pourrait aussi conduire à stigmatiser une partie de la population sans distinction.

À ce stade, il me paraît donc plus opportun de continuer à mettre en œuvre les engagements pris par le Président de la République en matière de protection animale et d’en évaluer les résultats, dont certains sont d’ores et déjà tangibles[1] . Il est aussi temps de mettre à profit le travail parlementaire mené depuis 3 années par certains de mes collègues pour continuer à avancer.

Enfin, je voudrais livrer une conviction profonde : celle que, dans une démocratie représentative, les sujets sociétaux connaissent généralement leurs plus grandes avancées à la faveur du débat parlementaire. Qu’on pense à l’abolition de la peine de mort, à la légalisation de l’IVG ou – plus récemment – à l’ouverture de la PMA pour toutes les femmes seules et les couples lesbiens, le progrès social découle rarement d’un choix dualiste survenant au terme d’une législature, mais naît bien davantage d’un débat contradictoire et exigeant conforme à une promesse politique validée par une élection, et au cours duquel toutes les voix sont susceptibles de se faire entendre.

[1] Voir : https://en-marche.fr/articles/actualites/mesures-bien-etre-animal.

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