A la mairie de Saint-André-de-Double

Vendredi 8 décembre, j’ai rencontré, à Saint-André-de-Double, Pierre Guigné, maire de cette commune de 166 habitants, et Daniel Tournier, maire de Saint-Etienne-de-Puycorbier, village voisin de 116 habitants. Cette visite à l’ouest de ma circonscription m’a permis aussi d’aller d’échanger avec quatre autres maires à Chantérac : Jean-Michel Magne, maire de cette ville, Annick Dezon, de Saint-Aquilin, Jean-Yves Rohart, de Saint-Germain-du-Salembre, ainsi que Jean-Michel Sébastien de Saint-Jean-d’Ataux.

En ce début de mandat, je souhaite en effet aller à la rencontre des maires de ma circonscription pour parler avec eux de la politique du Gouvernement, une politique de long terme pas toujours lisible à l’instant T. L’échange direct, au plus près du territoire où se prennent les décisions, est selon moi utile pour expliquer l’action présente du Gouvernement et ses prolongements qui aboutiront au redressement de la situation de notre pays très endetté, à réduire la fracture entre les territoires urbains et ruraux et les inégalités.

J’attends de ces rencontres qu’elles libèrent la parole des maires, qu’elles leur permettent de m’exposer, sans contraintes, d’homme à homme, dans toutes leurs complexités, les difficultés qu’ils rencontrent au quotidien. Au premier rang desquelles, pour ces maires de communes souvent très isolées, la perte de certaines compétences essentielles selon eux du fait du regroupement des intercommunalités. Ainsi, l’entretien des voiries mutualisé pose parfois des difficultés dans les délais d’exécution des travaux préjudiciables à ces communes très boisées. Certaines communes ont fait le choix de conserver l’entretien de leurs voiries : un choix coûteux à terme car, « avec la baisse des dotations globales d’investissement ces dernières années, on fait de l’entretien, voire du bricolage, rarement de l’investissement structurant », dénoncent certains. Je les ai rassurés en leur garantissant le maintien des dotations : une bouffée d’oxygène pour eux  qui viennent de subir trois années de baisse.

Les maires ruraux regrettent aussi de ne plus avoir d’autonomie dans les prises de décision, leur faisant perdre, selon eux, « le sentiment de proximité avec les gens qui nous ont élus. »

Perte des petits commerces, de l’école parfois, difficulté d’assurer un accès aux soins et aux services de proximité, raréfaction des entreprises agricoles et autres… sont des épines dans le pied pour la quasi-totalité des maires ruraux, même s’ils comprennent par ailleurs la nécessité pour l’Etat français de faire des économies.

Ne pas se résoudre à la désertification rurale

La désertification rurale est malheureusement un problème général, sur lequel on doit travailler. Même si c’est difficile de faire venir des médecins, si on est touché par la baisse des effectifs scolaires…, on ne peut pas accepter que des populations restent loin de la santé, des services publics, des commerces de proximité. Je soutiendrai ces maires qui ne manquent pas d’idées ni d’initiatives pour faire vivre leur territoire malgré ses handicaps.

Ainsi, un mémorial de la Résistance, en cours de construction, à Saint-Etienne-de-Puycorbier, va permettre de tracer un sentier d’interprétation sur plusieurs communes pour se rendre, à pied, en voiture, à vélo, sur plusieurs hauts lieux de la Résistance. Une salle des fêtes sera bientôt inaugurée à Saint-André-de-Double. Les maires aimeraient aussi le retour des Ogaf (opérations groupées d’aménagement foncier) sur leurs communes, pour une meilleure gestion économique et durable de la forêt de la Double.

A Chantérac, les maires sont aussi forces de propositions. Ils souhaiteraient que l’Etat s’emparent des problématiques du monde rural pour en faire une priorité, car, disent-ils, « à bien des égards, nous sommes des secteurs défavorisés, au même titre que les banlieues. » Et, de citer, les déserts médicaux qui gagnent du terrain un peu partout, le rejet de leurs demandes de prise en charge des dégâts liés à la sécheresse 2016, une fusion des intercommunalités trop rapide, « pas assez structurante ».

A la mairie de Chantérac

Des communes en pleine mutation

Satisfaits d’avoir été écoutés et entendus, les maires ont fait savoir qu’ils avaient aussi des raisons de se réjouir pour leurs communes, riches pour certaines de belles entreprises bien implantées dans leur territoire. Une richesse que les communes, en pleine mutation notamment numérique, doivent transformer en atout. Avec le digital, les possibilités du télétravail, les communes rurales, préservées sur le plan des paysages et de la qualité de vie, doivent devenir des pôles attractifs pour de nouvelles entreprises génératrices de dynamisme et de création d’emplois. A nous, les élus, de trouver les solutions innovantes, sans creuser les déficits, pour donner envie aux habitants d’une grande ville saturée de venir s’installer ici. Nous avons établi le pacte de confiance avec les collectivités pour imaginer et mettre en place ces nouvelles solutions. Je leur ai dit que nous y parviendrons ensemble, dans une logique générale des dépenses utiles, dans  le cadre d’un Etat en pleine réorganisation, plus accompagnateur et moins dans la sanction.

 

« Stop à la victimisation, il faut se saisir de la chance d’une mutualisation économique et numérique de nos territoires ruraux. »

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