J’ai voté aujourd’hui contre la réintroduction des néonicotinoïdes pour les betteraviers et je souhaite m’en expliquer. Je ne peux en effet me résoudre à défendre pour certains des solutions chimiques qui sont refusées à d’autres, au nom de la cohérence de mon travail de soutien à l’agriculture et par respect pour les agriculteurs dans leur grande diversité.

Déjà, en 2018, j’avais plaidé pour l’inscription dans la loi de l’interdiction du glyphosate. Mon vote d’aujourd’hui n’est que la confirmation de cette prise de position passée. Celle-ci reflète ma conviction que la transition écologique que l’on attend des agriculteurs ne peut se faire à plusieurs vitesses.

L’agriculture, en souffrance, a besoin de signaux forts de la part de notre Gouvernement pour l’assurer de sa volonté de l’accompagner dans cette nécessaire transformation. Il est urgent de sortir du tout pesticide, personne ne le conteste, surtout pas les agriculteurs potentiellement les premières victimes des risques induits par l’utilisation des produits chimiques.

Les filières agricoles ont fait des pas de géants en matière de diminution des intrants, de pratiques agronomiques alternatives aux interventions chimiques. Des efforts coûteux en recherche, en interventions mécaniques et en main d’œuvre, sans compter les pertes de rendements corolaires à un changement de pratiques. Ces filières en progrès doivent être encouragées dans cette voie.

La loi de 2016 sur la biodiversité est là pour acter ce changement de paradigme en interdisant le recours à ces produits chimiques. Aussi, si les arguments économiques déployés par le Gouvernement pour justifier cette réintroduction sont audibles, je considère malgré tout que le respect de la loi votée en 2016 par le Parlement ne peut être remis en question au moment où elle entre en action, au risque d’affaiblir durablement notre capacité à opérer cette transition.

Je prends note du vote favorable d’une majorité de mes collègues de Droite et de Gauche. Si je diverge sur la stratégie, je reconnais néanmoins l’engagement du Gouvernement à sortir de l’utilisation des néonicotinoïdes au plus vite.

06 Octobre 2020

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